De quelle maladie du temps souffres-tu? 👩‍⚕

gestion du temps Jan 24, 2023
Maladies du temps

Tu as du mal à gérer ton temps et à prioriser? Tu travailles toujours dans l’urgence? Tu n’arrives pas à te concentrer? Tu n’arrives pas à dire non? 🤯 Si c’est le cas, il se pourrait que tu aies l’une ou plusieurs de ces « maladies » du temps reconnues par le domaine de la gestion du temps et de la productivité : la chronophagie, la lifofilie, la tempsdinite ou l’ouïte.

 

Mais c’est quoi exactement ces maladies?

La tempsdinite : Inflammation du temps

À mon avis, il s’agit d’une des 4 maladies les plus répandues et j’en ai moi-même été affectée et je dois encore être vigilante à ce sujet! La tempsdinite c’est la tendance à sous-évaluer le temps qui est nécessaire pour accomplir une tâche en particulier et à surévaluer le temps de disponible qu’on a pour effectuer nos tâches. Ça te dit quelque chose? Une personne qui a la tempsdinite a la perception continuelle de manquer de temps. La liste de choses à faire s’allonge sans cesse, les tâches prennent plus de temps que prévu, les projets ont tendance à se compliquer en cours de route et les échéances sont serrées. Une personne qui a la tempsdinite a tendance à se sentir surchargée et à ne pas se sentir en contrôle de ses dossiers. Résultat, la personne peut se sentir surchargée, fatiguée.

Ce qui cause la tempsdinite c’est une difficulté à évaluer sa charge de travail quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, à évaluer l’ampleur ou la complexité des tâches et à sous-utiliser des outils de planification comme l’agenda. Il est probable également que ça vienne d’attentes et d’exigences élevées envers soi-même ou d’un manque de clarté quant à la direction à prendre.

La tempsdinite est totalement en lien avec la Loi de Hofstadter qui stipule que l’être humain est mauvais pour estimer le temps que va lui prendre une tâche spécifique. Pourquoi? Parce que souvent, on ne prend pas en considération dans notre estimation les distractions, les imprévus, mais aussi les transitions entre les différentes tâches. Par exemple, faire un entraînement de 30 minutes ne prend pas seulement 30 minutes puisqu’il faut également prendre en considération le temps pour s’habiller et se préparer à l’entraînement et le temps nécessaire ensuite, par exemple, se laver et se changer.

Si tu te reconnais ici, je t’invite à ne pas trop surcharger ton planning, à prendre le temps de simplifier ton horaire, à te prévoir une marge de manœuvre et à t’assurer de bien planifier ce que tu dois faire.

Voir la vidéo sur les bienfaits de la planification.

 

La chronophagie : La difficulté à ne pas être dérangé

La chronophagie c’est la tendance à se laisser interrompre par les distractions, que ce soit par les personnes qui nous entourent : nos collègues, notre patron, notre famille, nos enfants, ou les outils technologiques comme les notifications, les courriels, les messages, les popup, les réseaux sociaux, etc. Les personnes atteintes de chronophagie se plaignent souvent que leur environnement de travail n’est pas propice à la concentration et qu’il est difficile de ne pas être sans cesse interrompu.

Le problème c’est qu’être constamment interrompu t’empêche de te concentrer sur la tâche et d’avancer efficacement dans ton travail. C’est le principe de la loi de Carlson (loi de gestion du temps) : une tâche met plus de temps et prend plus d’énergie si on l’interrompt plusieurs fois que si on la termine d’un seul coup. Donc, à chaque fois que tu es distrait par une notification ou une personne, même si ce n’est que quelques minutes, l’activité que tu essaies de terminer va avoir tendance à prendre beaucoup plus de temps que prévu. Et des études scientifiques ont prouvé qu’une distraction de 2,8 secondes peut doubler le risque d’erreur et qu’en plus, les interruptions peuvent nuire à la productivité puisqu’il faut compter parfois jusqu’à 20 minutes pour retrouver sa concentration maximale après avoir été dérangé!

Si c’est ton cas, il est possible que ce soit en raison d’un manque de règles lorsque tu travailles, de l’environnement qui n’est effectivement pas propice ou de tes difficultés à rester concentrer et à éviter les distractions. Alors si j’ai un conseil à te donner, ce serait de prendre le temps de vérifier quelles sont tes distractions et trouver des solutions pour pouvoir augmenter ton niveau de concentration. D’ailleurs, je tiens à ajouter que même si on est sollicité en permanence par des gens, des courriels, des notifications, nous ne sommes pas obligés d’être présents tout le temps et lorsque tu es dans une situation où tu dois te concentrer, certaines choses peuvent attendre.

 

La lifophilie : Confondre l’urgent et l’important

La lifophilie provient du terme anglais « Last in first out » : Faire la dernière chose qui arrive en premier. La lifophilie consiste donc à traiter constamment les tâches urgentes et ainsi, à passer moins de temps pour ce qui est important. Une personne qui a la lifophilie a de la difficulté à commencer une tâche et à la terminer parce qu’elle a tendance à s’arrêter pour s’occuper de ce qui se présente quand une autre tâche arrive. La personne lifophile peut même avoir de la difficulté à comprendre le principe de priorité. Si tu as de la difficulté à prendre le temps de planifier tes journées avant de sauter dans l’action, de la difficulté à distinguer ce qui est important et urgent dans tes tâches, de la difficulté à doser ton temps entre les tâches à court terme et celles à long terme et à reporter régulièrement des tâches, tu es lifophile. C’est comme si tu accordes plus d’importance aux dernières tâches que tu dois faire plutôt qu’aux tâches qui sont vraiment importantes. C’est ce qu’on appelle le « busywork » : tu prends du temps pour les tâches qui sont moins importantes et même parfois insignifiantes, mais elles ne font pas de différence sur le résultat final que tu veux atteindre.

Les causes probables de la lifophilie sont qu’une personne a de la difficulté à s’arrêter, la personne aime agir sous tension, elle carbure à l’adrénaline et elle trouve l’action plus valorisante que la planification. Et clairement, cette personne a de la difficulté à cerner les priorités et a comprendre les concepts d’urgents et importants.

Si c’est ton cas, l’idée c’est de ne plus répondre constamment aux urgences qui se présentent ou aux idées que tu as sur le coup. C’est de savoir placer une ligne d’attente et de réfléchir aux tâches qui te rapportent vraiment des bénéfices. C’est de prendre le temps de réfléchir à ce qui est vraiment important pour toi et qui t’apportera des bénéfices sur le long terme, mais pour ça, c’est important que tu aies pris le temps de t’arrêter et d’apprendre à te connaître.

 

L’ouïte : Dire oui beaucoup trop souvent

Une personne qu’on sollicite et qui a la ouïte va avoir beaucoup de difficulté à dire non ou à refuser des tâches ou services même si elle est déjà débordée par plusieurs tâches qu’elle doit effectuer. Mais lorsqu’elle continue à dire oui, le travail s’accumule et tu te sens surchargée, débordée et ça peut te conduire au surmenage ou au burn-out. Donc une personne qui a la ouïte va dire oui à tout, autant au niveau du travail que dans sa vie personnelle. Elle va avoir de la difficulté à refuser des demandes ou des échéanciers serrés, elle va avoir de la difficulté à négocier ou à déléguer des tâches.

Si on creuse la question, l’ouïte provient souvent de la peur de déplaire, la peur de vexer, la peur d’être mal vu, la peur d’être perçu comme incompétent, de ne pas être reconnu, de ne pas être aimé. La personne préfère dire oui plutôt que d’affronter ses peurs et de dire non. Elle peut manquer de confiance en elle, ne pas savoir comment s’y prendre. Mais ce qu’il faut comprendre c’est que le temps n’est pas extensible et quand tu dis « oui » aux priorités des autres, tu dis « non » aux tiennes.

Si c’est ton cas, il faut tout d’abord que tu fasses un travail sur toi-même, que tu comprennes pourquoi tu as de la difficulté à dire non, que tu augmentes ta confiance en toi et que tu développes des stratégies pour apprendre à dire non et sans surprise, que tu te pratiques à le faire.

 

Et toi? Quelle est ta maladie du temps la plus prononcée dans ta situation actuelle?

On peut subir les 4, mais très souvent, il y en a une en particulier qui ressort du lot et qui prend le dessus.